Communiqué MAYDAY
Communiqué MAYDAY
La lecture du jugement a débuté ce vendredi 24 octobre
La roue de l’infortune trace désormais ses derniers cercles vers un demain qui nous échappe tout comme, ce que dessinent depuis 17 mois, les méandres d’une justice aux teintes indéfinissables flottant dans un brouillard indéchiffrable.
La lecture du jugement qui scellera le destin de Christophe a débuté ce 24 Octobre 2008 à 14 heures. Elle se poursuivra la semaine prochaine jusqu’à la prononciation de la sentence finale.
J’aurais aimé détenir des clés invisibles pour vous ouvrir une porte sur un espace de réconfort et d’espoir mais elles ne sont hélas pas à notre portée.
L’incertitude et l’angoisse demeureront donc, encore, nos compagnons de route.
Nous étions près de 30 dans cette salle N° 13, anti-chambre d’un avenir incertain aux contours flous. PNC, représentants de l’ambassade, sympathisants locaux, figés dans un silence monacal, l’ouïe, le cœur et les tripes suspendus aux lèvres d’un seul homme, énonçant, en anglais, le déroulement des faits depuis leur origine.
Les souvenirs, que la mémoire de certains d’entre-nous, était parvenue à adoucir retrouvent tout à coup leurs angles incisifs et douloureux.
Nous comprenons que le ciel ne l’épargnera pas, aujourd’hui encore. Mon regard s’échappe un instant et se pose sur ce grand môme trahi par ce corps d’adulte .Debout, droit comme un «I », dans ce costume marron, panoplie d’une pauvre mule que la malhonnêteté de certains hommes a choisit, un jour de mai 2007, de sacrifier.
Mon cœur s’arrête sur ce gamin accablé, désespéré dont seuls, les poings qui se crispent sporadiquement dans son dos, laissent deviner qu’un souffle de vie le parcourt encore. Et le chagrin s’écoule de mes yeux comme les mots, vides d’émotion, de la bouche du magistrat. C’est cher, très cher payé !
Ce matin, à l’heure où je vous écris, les larmes sont encore là, et à travers leur voile, l’image de ce gosse qui, pendant plus de deux heures, reste debout, immobile, digne, impassible, remarquable, exemplaire, dans son bocal de verre qui ne parvient pas à étouffer les hurlements silencieux d’une détresse et d’une souffrance morales indicible.
Et nous quitterons ce tribunal, une fois encore, sans certitudes, sans réponse, traînant notre lourd et fidèle point d’interrogation, cruelle ponctuation d’une page de vie dont le sens tourne en rond et s’essouffle, s’épuise….
A mes chers, très chers collègues, qui étiez là parce que les hasards d’un planning vous ont conduit sur cette Ile maudite et qui vous êtes joins à nous ce 24 Octobre, je voudrais dire combien votre présence fût un immense réconfort et un formidable témoignage de sympathie et d’amour. Vous lui et nous avez offert spontanément et généreusement ces quelques heures de soutien, de patience, de dévouement, d’écoute et d’amitié. Que la vie vous rende la chaleureuse lumière protectrice que fût la vôtre.
Je ne sais pas encore ce qu’il me faudra vous écrire dans quelques jours, car ce n’est plus qu’une question de jours, mais sachez tous que quoiqu’il advienne, votre cœur restera à tout jamais gravé dans le Sien, le nôtre et nos mémoires.
MERCI
Pascale pour MAYDAY
MAYDAY
177 BD DE CRETEIL
94100 ST MAUR DES FOSSES
tel: 06 80 65 01 04
e-mail : maydaychristophe@hotmail.fr
dimanche 26 octobre 2008